Ma profession de foi

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En cette année, j’ai soufflé sur ma vingt-troisième bougie. Depuis quelques années, grâce à la presse j’ai pu m’exprimer, lorsque j’ai cru devoir le faire, sur les sujets qui engagent la vie de la Nation nigérienne. Je voudrais à ce titre remercier tous les médias, tous bords politiques confondus. En me prêtant leurs colonnes, ils m’ont permis de donner un sens concret à ma citoyenneté.

Aujourd’hui, je voudrais livrer ma profession de foi, pour le Niger à venir. Sans m’arroger le porte-parolat de la jeunesse, je puis dire que celle-ci, à laquelle j’appartiens, partage l’essentiel de ce message. 

Notre pays entre dans une phase nouvelle de son histoire.

Cependant, nous semblons mal partis, déjà. La régularité des dernières élections présidentielles, à tort ou à raison, est toujours questionnée. Le nouveau Président, malgré l’onction constitutionnelle et le soutien de la communauté internationale, devra sans délai rassembler les Nigériens. Autrefois, l’antagonisme politique était chose naturelle. Aujourd’hui, au Niger, il s’est doublé de haine ethnique. Cette situation exacerbe les divisions entre nigériens qui, pourtant savent et répètent à l’envi que, l’union sacrée est plus qu’impérative. Elle l’est certainement, pour vaincre le terrorisme au moins. Le nouveau pouvoir devra, dans un élan de sincérité et de grandeur patriotiques, libérer les prisonniers politiques.

Ensuite, dans la même démarche, il devra mettre en place, suggérer au moins, un gouvernement d’union nationale. Le Niger appartient à tous ses fils. Et quand on a gagné avec 55℅, on ne peut s’aliéner le reste de la population. Un gouvernement d’union nationale apaiserait les tensions, en mettant tout le monde au travail. Cependant, ce gouvernement-là ne devrait pas viser à concasser les partis politiques. Le Président de la République devra s’accorder avec les leaders statutaires, des partis de l’opposition. La main tendue ne doit pas être une stratégie de débauchage, en vue de grossir ses rangs au détriment de ses adversaires. Les partis de l’opposition choisiront, individuellement et conformément à leurs modes de délibération, de rejoindre la majorité ou rester dans l’opposition. Les transfuges et autres tard-venus seraient mal inspirés de se décrédibiliser. Perdant le respect de ceux qu’ils ont quitté, ils n’accédèront jamais à l’estime de ceux qu’ils rejoignent. Nommer des transfuges, ce n’est pas faire la paix. C’est, s’entourer d’obligés. Ce n’est pas unir.

Alors candidat, l’actuel Chef d’État a pris des engagements. La concrétisation de son programme aura besoin d’une atmosphère conciliante, d’un espace de cordialité politique. Jamais, il ne réussira tout seul, qui plus est, dans les contestations et manifestations qui ne manqueont pas de jalonner son mandat. Qu’il unisse les Nigériens. Ceux-ci l’accompagneront. Ceux-ci en bénéfieront.

Messieurs Bazom Mohamed et Ouhoumoudou Mahamadou gagneraient aussi, à encourager les jeunes et la méritocratie. Nous espérons, ce n’est pas assez, nous les exhortons à s’entourer des jeunes nigériens, compétents et hautement dévoués à la cause nationale. Ceci donnerait de l’espoir aux jeunes, et les incitera davantage à croire. Croire que, les diplômes et le savoir servent à quelque chose dans notre pays, peu importe l’ origine sociale.

Durant la campagne, ses partisans ont dit du nouveau Chef de l’État qu’il était « philosophe »,   « intellectuel », « enseignant ». Autrement dit, et de son propre aveu, l’instruction reçue et les livres lus, ont considérablement joué dans son parcours et son aboutissement.

Qu’il ne l’oublie pas ! Qu’il ait une attention constante, franche pour l’école nigérienne, sans offusquer les enseignants, sans dorloter les apprenants.

Enfin, qu’il assiste la littérature nigérienne, mal connue et agonisante. Qu’il revivifie et entretienne les lettres nigériennes. Il y va du prestige étatique, de l’orgueil national, dans le concert des Nations.

Voilà en quelque mot, ma profession de foi pour le Nouveau pouvoir nigérien.

Que Dieu bénisse le Niger !

Qu’il éclaire sa population !

Qu’il guide ses dirigeants !

  Abdoul-Malik Issoufa

     Homme de Lettres

1 commentaire
  1. Youssou Saidou dit

    Frère ta proposition est tout à fait noble d’esprit et également seine. C’est dans ses conditions que la jeunesse peut espérer à un avenir meilleur; l’intégration, l’application de la méritocratie une très bonne idée. Pourvue qu’ils enseignent pas le détournement.P

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