La grande rencontre citoyenne au Niger.

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Mme Abdoul Kader Roukaiya Ali Hamani initiatrice de cette grande rencontre au Niger

« Pour moi le succès c’est à long terme, ce n’est pas dans l’immédiat. Je serai comblée quand je verrai les cadets prendre inspiration de ce que j’ai fait en estimant que c’est utile pour eux et pour mon pays », a déclaré Mme Abdoul kader Roukaiya ali hamani , dite Roukis Sarkis. 

Comme on le dit, « dans la vie, il y’a un début à toute chose», alors dites-nous quelle a été la  motivation derrière l’organisation d’un tel événement au profit de la jeunesse nigérienne ?

Ma motivation est celle de tout jeune du Niger soucieux du devenir de son pays. Pour assurer le devenir de notre pays, il faudrait consolider les acquis du présent. Quoi de mieux pour cela que d’amener ceux qui ont eu à diriger jusque-là à partager leurs riches et fécondes expériences avec les jeunes ! Nous sommes à un tournant générationnel qui requiert ce dialogue entre ceux qui sont arrivés en fin de parcours et ceux qui doivent reprendre le flambeau. Voilà mes motivations.   

-Je rappelle que vous êtes la présidente de l’ONG Cimom, que signifie Cimom, et quels sont les objectifs de cette structure ?

Cimon veut dire : « citoyen-modèle-magazine ».

Les objectifs principaux de l’ONG s’inscrivent dans la formation et la sensibilisation de la jeunesse nigérienne sur les valeurs de la république, de la démocratie mais surtout de la citoyenneté modèle et responsable.

Nous voulons injecter l’ADN patriotique au sein de chaque jeune nigérien.

-Comment pensez-vous contribuer à la prise de conscience afin de construire une jeunesse responsable et citoyenne ?

Il n’y a pas magie en la matière. Ma contribution à moi c’est cette ONG que j’ai créée sur la base de mon expérience que je souhaite mettre à la disposition de mes camarades de génération. Comme de nombreux jeunes j’ai eu beaucoup du Niger et je me dois d’en rendre au moins autant. J’ai eu la chance d’être vite entrée dans la politique à travers le parlement des jeunes, ça m’a ouvert bien de portes au-delà du Niger. J’ai pu voir ailleurs comment les choses se passent. A cela s’ajoutent les études en sciences politiques que j’ai menées en France. J’estime que même modeste, cette expérience mérite d’être partagée pour servir d’autres jeunes et par extension mon pays…  

-Comment définissez-vous votre leadership?

Mon leadership est basé sur ma conviction que personne ne peut rien à elle seule. Il faut un ensemble pour réaliser souvent les choses les plus modestes. J’inscris mon leadership dans la mutualisation des forces. Aussi je pense sincèrement qu’il faut développer l’approche participative enfin de donner aux gens l’impression qu’ils sont acteurs et non objets. Pour vraiment mobiliser les gens, il faut faire avec elles et non leur servir des plats précuits. Rire. La démocratie telle que nous la pratiquons est à bout de souffle, pas que seulement au Niger, c’est partout. Voyez les gilets jaunes en France qui réclament plus de démocratie en France comme s’il n’y en a pas. A vrai dire il faut impliquer les citoyens dans les affaires de la cité et de ne pas faire semblant avec des méthodes détournées. Voilà sur quoi se fonde mon leadership.

-Quels sont les signes de progrès que vous observez en ce qui concerne l’implication des jeunes dans le développement de notre pays pour un Niger émergent ?

Les signes positifs sont évidents. La grande mobilisation des jeunes à la rencontre citoyenne en est une preuve. Avec le développement des réseaux sociaux, les paradigmes ont changé et avec eux les populations. Les jeunes ont compris que les réseaux sociaux sont une arme pour se faire entendre. Voyez-vous ce que les jeunes ont réalisé grâce aux réseaux sociaux en Tunisie en 2011, au Burkina Faso en 2014 et ailleurs. Les jeunes sont devenus des acteurs qu’on ne peut plus berner comme par le passé. Les jeunes nigériens ne sont pas en reste de cette révolution sociale mondiale

Quels sont à votre avis les freins pour l’implication de la jeunesse nigérienne dans le processus des prises de décisions et de son développement? 

Les facteurs négatifs sont essentiellement la perte de repère, le laisser-aller général. Les jeunes sont laissés à eux-mêmes. Ne sont pas formés à hauteur de souhait, et dans la plupart des cas même ceux qui sont formés ne bénéficient pas forcément de l’accompagnement nécessaire pour un débutant. Il y a aussi le revers de la médaille en ce qui concerne les réseaux sociaux. Ils ont leurs mérites mais ils influencent aussi négativement sur la jeunesse à cause de l’absence de contrôle sur leur contenu.

-Comment peut-on adéquatement apporter des solutions idoines qui contribueraient à une meilleure prise de conscience de la jeunesse nigérienne à rendre ce pays plus émergent?

Au risque de me répéter, les meilleures réponses à apporter c’est changer les approches en impliquant dès la base les jeunes pour tout ce qui les concerne voire pour tout ce qui concerne la vie de la nation car un jeune d’aujourd’hui est l’adulte de demain. La rencontre citoyenne est une initiative à ce titre salutaire non seulement aux jeunes qui trouvent là l’occasion de dialoguer directement avec les dirigeants pour leur exposer leurs doléances et leurs visions mais aussi aux dirigeants. C’est un dialogue direct sans le filtre habituel qui dénature souvent les messages apportés aux dirigeants.

Comment aviez-vous décidé de vous engager à promouvoir l’excellence chez la jeunesse?

Au risque de paraître narcissique, je suis un produit de ce besoin d’excellence. Le parlement des jeunes avait pour critère l’excellence pour y siéger. J’ai non seulement siègé mais je l’ai dirigé surtout. Ça en dit long sur la notion d’excellence pour moi. Seul le travail paye, tout est superfétatoire. Le monde est dans une situation telle que la médiocrité est une condamnation au suicide. J’appelle les frères et sœurs à l’excellence.

-Quels sont les résultats acquis grâce à votre engagement?

Rire! Les résultats acquis sont énormes. Mais c’est toujours pas encore fini car pour moi le succès c’est à long terme, ce n’est pas dans l’immédiat. Je serai comblée quand je verrai les cadets prendre inspiration de ce que j’ai fait en estimant que c’est utile pour eux et pour mon pays. 

-Quels sont les facteurs qui ont eu un effet positif sur votre activisme?

Ma participation à cette aventure du parlement des jeunes m’a éveillé à la chose publique et la politique de façon générale. Quand j’ai vu de plus près l’immensité du défi qui se pose à nous jeunes, j’ai pris l’engagement de redoubler d’effort pour agir. Aussi les voyages effectués de par le monde, les rencontres çà et là sont autant de sources qui enrichissent et inclinent au changement.

-Quels sont les facteurs qui ont eu un effet négatif sur votre activisme

Pour mon activisme, je ne pense avoir subi un effet négatif particulier mais bien au contraire.  Vous savez, je fais tout par passion. C’est le moteur de mon combat sur la toile et ailleurs. Cette passion fondée sur la conviction que j’œuvre utilement pour mon pays, rien ne peut l’émousser.

-Citez nous les noms des femmes qui ont eu un impact très positif sur le mouvement des femmes au Niger

Ici je serai obligée de mentionner en premier lieu la reine mère, la reine d’azna sarraounia mangou, Mme Nana Aichatou foumakoye, Aïchatou  mindaoudou…

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