Le Peuple Malien est responsable et respectable

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Notre conscience politique et notre droit irrécusable de citoyen nous ont habituellement engagés à donner notre point de vue, sur des sujets qui intéressent, essentiellement, notre pays. Aujourd’hui, dérangé par les tourments que vit un pays voisin, nous dérogeons. Nous dérogeons d’autant plus que, nous nous sentons solidaires de ce Valeureux Peuple qu’on appelle les Maliens, Soudanais d’autrefois.

La situation politique au Mali a atteint son point culminant, dans ce qu’elle a de plus inquiétant. Le pays suscite la compassion. Défiguré par le grand banditisme, et rudement éprouvé par le terrorisme, le pays a pourtant connu des jours meilleurs. Le Mali regrette Soudiata Keita et éprouve une nostalgie affective pour Modibo Keita ! Disons-le, le présent du Mali est moins reluisant que son passé a été glorieux. Aujourd’hui, comme pour ne rien arranger, une crise politique, aussi violente que redoutable, achève de plonger le pays dans une incertitude totale.

La CEDEAO, dans son rôle, plus tenue que volontaire, essaie d’aider le pays à sortir de l’impasse. Cependant, l’Organisation, malgré sa bonne volonté apparente, achoppe à se faire entendre. Ses propositions sont rejetées ; la crédibilité et l’impartialité de ses émissaires, interrogées. Ne nous méprenons pas ! Le peuple Malien ne déteste pas la CEDEAO. Il refuse, circonstanciellement et légitimement, ses « conclusions ». C’est toute autre chose.

La négociation politique est un exercice difficile, surtout, lorsque le peuple est protagoniste.

Elle suppose de la patience et de la hauteur. Les Chefs d’États de la CEDEAO doivent persévérer dans leur quête de solution. Rester, jusqu’au bout, à l’écoute du peuple Malien et réaliser sa Volonté. Mieux, la préférer et l’honorer par rapport à toute autre considération. 

Nous remarquons, ça et là, quelques journalistes, quelques politiques et même certains intellectuels, qui, avec une facilité et dans le confort des émissions médiatiques, s’érigent en juges. En donneurs de leçons au peuple Malien. Le mettant en garde, contre un chaos que provoquerait le départ du président IBK.

Mais, où étaient-ils, ces quidams, quand les Maliens accumulaient déception et amertume, subissaient la vie chère et l’insécurité ? Où étaient-ils, quand le Peuple perdait toute dignité, toute fierté, du fait de l’inertie du régime actuel, face à la perte du territoire, et la mort des soldats ? Aujourd’hui, ce peuple affirme retirer sa confiance au Président IBK. Car, objectivement, après six années de pouvoir, les attentes ont été largement déçues. Il est normal qu’un dirigeant qui a perdu la confiance de ses concitoyens, se retire dans l’honneur. Le Président Maurice Yameogo de l’ancienne Haute Volta en a donné l’exemple,…déjà en 1966.

Il est des moments où, dans la vie d’une Nation, la Volonté du Peuple s’impose, nécessairement. Ni les règles juridiques, ni la communauté Internationale, encore moins l’arrogance des intellectuels – qui n’ont réussi à la satisfaire – ne pourraient l’arrêter. Le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est un droit exclusif et naturel ! Il écrase toute volonté contraire. Si le Peuple réclame le départ du Président, qu’il en soit ainsi. Il s’assumera.

Certains « biens-penseurs », médecins tardifs tentent de récuser la contestation malienne. Ils l’accusent de ne pas être représentative du peuple. Évidement, ils ne vont pas au bout de leur logique, buttant sur l’incapacité de définir le peuple. Aidons-les ! Pour déterminer le peuple, nous pensons qu’il suffit de repérer la fraction la plus agissante et audible des citoyens ! N’est-ce pas le cas de la contestation au Mali ?

En réalité, le cas est simple. Si, comme l’affirment les pourfendeurs de la contestation, le Président IBK jouit d’une once de popularité et de crédibilité, il lui est loisible et opportun, d’organiser des contre-manifestations. De faire déferler dans les rues ses propres soutiens, dans la population. Pourquoi diable ne le fait-il pas ?

Sachons raisons garder ! Soyons moins arrogants, à l’égard d’un Peuple qui éclate sa colère, et manifeste son désir de changement ! Nul n’aime le Mali plus que les Maliens ! Demander à un peuple de mettre de l’eau dans son vin, alors qu’il a bu le calice jusqu’à la lie, c’est lui demander de poursuivre son auto-flagellation ! Comme tous les Peuples de la Terre, les Maliens méritent la Dignité et la Considération.

Aux Chefs d’État de la CEDEAO, il faut dire ceci. Privilégiez le dialogue ! Restez sourds aux Cassandres ! Si le Peuple Malien réclame le départ du Président IBK, qu’il en soit ainsi, nous le répétons.

Si nous n’y prenons garde, la partition du Mali, déjà factuelle, se consolidera juridiquement par des sécessions. On fera mine d’en être surpris ou déçus. Ensuite, on en prendra acte ! Nous ne souhaitons pas une soudanisation du Mali ! Car, si le Mali éclate, ses voisins subiront le même sort, par effet de contagion. Conjurons ce scénario ! Chassons cette sombre perspective, en permettant au peuple Malien de choisir des gouvernants aptes et décidés à unir le pays. Rétablir la présence ainsi que l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Et la CEDEAO, en tout état de cause, se doit d’être au côté des Peuples, dont elle tire sa légitimité et sa raison d’être. ! 

Dieu aide le Mali et protège l’Afrique !

Abdoul-Malik Issoufa

Etudiant en Droit, Homme de Lettres

2 commentaires
  1. Abdoulmajid dit

    L’auto_détermination doit être respecter et par la CEDEAO mais aussi par toutes l’opinion internationale.
    Le peuple malien a pris son destin en main et sa volonté prime sur toute autre

  2. Hybridewalker dit

    Le linge sale se lave en famille, peuple malien.
    La CEDEAO doit se substituer au peuple malien pour comprendre leur cri de coeur. Pas au sieur ibk.

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