LE NIGERIA A SIGNER L’ACCORD DE LIBRE-ÉCHANGE AFRICAIN (ZLECAf) : POURQUOI MAINTENANT ?

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Le géant économique de l’Afrique, le Nigéria a signé l’accord de la zone de libre-échange (ZLECAf) au palais des congrès de Niamey, ce 7 juillet 2019 lors du sommet de l’Union africaine (UA), qui s’est tenu 7 juillet 2019 à Niamey, capitale du Niger. Cet accord qui vise à accroître les échanges commerciaux entre les pays africains et déjà signé par la plupart des pays Africains depuis le 21 Mars 2018, a été signé par le président Nigérian Muhammadu Buhari lors du sommet de l’UA Niger 2019. Pourquoi c’est après plus d’un an que le Nigéria décide d’adhérer au ZLECAF ?

Signature du Nigeria, le géant économique de l'Afrique.
Muhammadu Buhari signant l’accord de libre-échange (ZLECAf), au palais des congrès de Niamey, ce 7 juillet 2019.

Cette signature intervienne au moment où l’opinion pense que le Nigéria ne fera plus partie de cette nouvelle zone de libre-échange continentale de grande envergure, la deuxième de sa taille dans le monde. Souvenez-vous que le Nigéria par son président, Muhammadu Buhari avait refusé de signer ce traité en déclarant qu’il a besoin assez de temps pour concerter les acteurs économiques de son pays avant d’y adhérer. Rappelez-vous aussi que le Nigéria n’est pas le seul pays qui n’avait pas signer l’accord le 21 Mars 2018. On peut citer aussi les pays comme le Benin, Burundi, L’Erythrée, le Lesotho, le Namibie, l’Afrique du Sud et le Sierra Leone. Il a fallu début que la plupart des pays cités ci-après signe le traité alors qu’il y’avait 18 pays qui ont même ratifier le traité depuis mars 2018.

Pour répondre d’une manière directe a la question principale de cet article, nous pouvons nous référer sur les propos du Président Buhari lors de son interview à BBC Hausa. « Nigéria a besoin du temps pour comprendre l’impact de la zone de libre-échange a son économie. Car ça peut nuire à la production locale. Je vais consulter les opérateurs économique Nigérians pour m’assurer que cet accord est plus bénéfique que nuisible à notre économie. » a-t-il déclaré. Mais le ministre nigérian du Commerce, Okechukwu Enelamah s’est déclaré optimiste par rapport a la signature de ce traité car dit-il dans un entretien accordé à l’agence Bloomberg, « Le président a un sentiment d’urgence à ce sujet, car lorsqu’il nous a demandé de réaliser une étude d’impact de la ZLECAf sur l’économie nigériane, il ne nous a donné que trois (3) mois pour l’achever, et nous l’avons fait ». Selon certain économique ce traité de zone de libre-échange (ZLECAf) peut être un avantage pour les pays industrialisés et un désavantage pour des pays comme le Nigéria. Avec cette zone libre-échange il faut écarter la possibilité qu’une entreprise étrangère peut envoyer ces produits au Benin ou en Côte d’ivoire pour ensuite les acheminer avec un prix en dessous du producteur local vers les autres pays du continent librement alors que les mêmes produits fabriquer par un pays Africain aurons du mal à être distribuer à un bas prix. Bien que le Nigéria et les autres grande économie Africaines vont le plus bénéficier de ce traité, le Nigéria veut s’assurer que les entreprises des pays développés n’en profitent plus d’avantage.

Il faut aussi rappeler que les objectifs généraux de la zone de libre-échange sont :

  • créer un marché unique pour les marchandises et les services facilité par la circulation des personnes afin d’approfondir l’intégration économique du continent africain et conformément à la vision panafricaine d’une « Afrique intégrée, prospère et pacifique » telle qu’énoncée dans l’Agenda 2063 ;
  • créer un marché libéralisé pour les marchandises et services à travers des cycles successifs de négociations ;
  • contribuer à la circulation des capitaux et des personnes physiques et faciliter les investissements en s’appuyant sur les initiatives et les développements dans les États parties et les CER ;
  • poser les bases de la création d’une union douanière continentale à un stade ultérieur;
  • promouvoir et réaliser le développement socio-économique inclusif et durable, l’égalité de genres et la transformation structurelle des États parties ;
  • renforcer la compétitivité des économies des États parties aux niveaux continental et mondial ;
  • promouvoir le développement industriel à travers la diversification et le développement des chaînes de valeurs régionales, le développement de l’agriculture et la sécurité alimentaire ; et
  • résoudre les défis de l’appartenance à une multitude d’organisations qui se chevauchent, et accélérer les processus d’intégration régionale et continentale.

Dans ses remarques peu après la signature de l’accord, le président a déclaré que l’engagement du Nigéria en matière de commerce et d’intégration africaine n’avait jamais été mis en doute ni menacé. Il a déclaré au Sommet que le Nigéria mettra à profit cet événement en procédant rapidement à la ratification de la ZLECAf.

« Le Nigéria tient à souligner que le libre-échange doit aussi être un commerce équitable. […] En tant que dirigeants africains, notre attention devrait maintenant être centrée sur la mise en œuvre de la zone de libre-échange, de manière à développer nos économies et à créer des emplois pour notre population jeune, dynamique et travailleuse. […] Je tiens à vous assurer que le Nigéria maintiendra son fort rôle de leader en Afrique dans la mise en œuvre de la zone de libre-échange. Nous continuerons également à nous engager de manière constructive avec tous les pays africains pour construire l’Afrique que nous voulons », a déclaré le président Buhari.

Entre-temps, avec la signature de l’accord par le Nigéria et la République du Bénin lors du sommet de Niamey 2019, 54 pays africains sur 55 ont signé le plus grand accord de libre-échange au monde, couvrant 55 pays et 1,2 milliard d’habitants. Présentement l’Érythrée est le seul pays africain à n’avoir pas signé l’accord.

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